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Transmission & cession

Plus-value de cession d'entreprise : les régimes d'exonération 2025

Préparer une cession sans connaître les régimes d'exonération applicables peut coûter plusieurs centaines de milliers d'euros sur le net final. Notre lecture pratique des dispositifs 2025.

Par Vladimir NADES9 min de lecture

Sur une cession à un million d'euros et plus, l'écart entre une opération bien préparée et une opération improvisée fiscalement atteint facilement cent à quatre cents mille euros de net final. Ce n'est pas un détail, ce n'est pas du peaufinage de gestion - c'est dix à quarante pour cent de la somme que vous toucherez réellement. Et c'est précisément le genre d'écart qui s'ouvre ou se ferme dans les trois à cinq ans qui précèdent la cession, bien avant la signature du protocole.

Quand un dirigeant nous appelle pour parler cession, la conversation commence souvent par les conditions de prix et la recherche d'un repreneur. Notre premier travail consiste souvent à reculer d'un cran : qu'est-ce qui détermine le net dans votre poche au bout du processus, et que peut-on faire pour l'optimiser dans les années qui restent ?

Le cadre de référence

Pour les cessions par des particuliers de titres de sociétés à l'IS - SARL, SAS, EURL, SASU principalement -, la plus-value est calculée comme la différence entre le prix de cession et le prix d'acquisition initial, augmenté des frais. Cette plus-value est ensuite soumise à un régime d'imposition par défaut depuis 2018 : le à trente pour cent, c'est-à-dire douze virgule huit pour cent d'impôt sur le revenu et dix-sept virgule deux pour cent de prélèvements sociaux.

Mais cette imposition par défaut n'est qu'une des portes. Trois autres régimes coexistent : l'option pour le barème de l'avec abattements pour durée de détention, le dispositif spécifique du départ à la retraite, et le mécanisme d'apport-cession. Chacun a sa logique, ses conditions, et son public. Le choix entre eux dépend de votre situation patrimoniale, de votre âge, de la durée de détention de vos titres, et surtout de ce que vous comptez faire après la cession.

L'option pour le barème, et le problème de 2018

Avant 2018, le barème progressif de l'IR était le régime de droit commun pour les cessions de titres détenus depuis longtemps. Plus la détention était longue, plus l'abattement sur la plus-value imposable montait - jusqu'à soixante-cinq pour cent au-delà de huit ans dans le régime général, voire quatre-vingt-cinq pour cent dans le régime renforcé applicable aux titres de PME jeunes. Ce mécanisme d'abattement existe encore, mais il a été figé en 2018 sur les titres acquis avant cette date. Toutes les acquisitions ultérieures sont définitivement enfermées dans le PFU, sans abattement possible.

En pratique, si vous avez créé votre société en 2015, vous avez accumulé une décennie d'antériorité à mettre dans la balance - et l'option barème devient potentiellement très avantageuse, surtout si votre reste modérée. Si vous l'avez créée en 2020, vous n'avez pas le choix : le PFU est la voie unique. Cette frontière de 2018 reste un marqueur structurant que les dirigeants oublient souvent.

Un point qu'il faut garder en mémoire si vous prenez l'option barème : les abattements ne s'appliquent qu'à la partie IR. Les prélèvements sociaux de dix-sept virgule deux pour cent - qui restent le plus gros morceau - s'imposent sur la plus-value brute, sans aucun abattement. Le calcul mérite donc d'être fait dans le détail. Notre simulateur de plus-value compare instantanément les deux options sur vos chiffres.

Le départ à la retraite, le dispositif le plus puissant

L'article 150-0 D ter du Code général des impôts est sans doute le régime le plus généreux du système. Sur décision de partir à la retraite et sous certaines conditions, le dirigeant cédant bénéficie d'un abattement fixe de cinq cent mille euros sur sa plus-value imposable. Ce demi-million s'ajoute aux abattements durée si vos titres ont été acquis avant 2018 - autrement dit, le dispositif retraite se cumule avec le mécanisme historique. C'est là que les optimisations se font.

Sur une plus-value brute d'un million quatre cent mille euros - typique d'une PME française cédée entre un et deux millions -, le PFU sans rien d'autre prélève quatre cent vingt mille euros. Avec le seul dispositif retraite, vous descendez à deux cent soixante-dix mille. En combinant retraite et abattement renforcé sur des titres anciens, vous pouvez descendre à deux cent quinze mille. L'écart entre la pire et la meilleure trajectoire fiscale dépasse les deux cent mille euros.

Cet écart de deux cent mille euros n'est pas un cadeau fiscal : c'est le résultat d'une anticipation de trois à cinq ans. Sans cette préparation, la fenêtre se ferme, et l'administration ne fera pas de geste a posteriori.

Les conditions du dispositif retraite sont strictes et il faut les respecter à la lettre. Vous devez avoir exercé une fonction de direction dans la société de manière continue pendant les cinq années précédant la cession. Vous devez cesser toute fonction dans la société dans les vingt-quatre mois suivant la cession, et faire valoir vos droits à la retraite dans cette même période. Vous devez avoir détenu au moins vingt-cinq pour cent du capital, seul ou avec votre groupe familial. Et la société doit être une PME au sens européen - moins de deux cent cinquante salariés, moins de cinquante millions de CA - exerçant une activité opérationnelle.

Le piège classique, c'est de découvrir au moment de la cession qu'une des conditions n'est pas remplie. Un dirigeant qui a délégué la présidence à un manager pendant deux ans pour préparer la transition se retrouve à ne plus pouvoir prétendre aux cinq ans de fonction continue. Une société qui détient une participation passive significative peut sortir de la définition de l'activité opérationnelle. Ce sont des points qu'il faut anticiper longtemps en amont.

L'apport-cession, pour ceux qui veulent continuer

Le mécanisme de l'article 150-0 B ter répond à un profil spécifique : le dirigeant qui cède son entreprise mais veut continuer à entreprendre. Plutôt que de payer l'impôt immédiatement et de réinvestir le net dans une nouvelle aventure, il apporte ses titres à une holding personnelle qu'il crée en amont. Cette holding cède ensuite à l'acquéreur final, ce qui - par le jeu du régime mère-fille - exonère la cession à quatre-vingt-quinze pour cent. Le report d'imposition est définitif tant que la holding conserve les titres reçus en échange et investit au moins soixante pour cent du produit dans une activité économique réelle dans les deux ans.

C'est un mécanisme puissant mais exigeant : il faut structurer la holding au moins six mois avant la cession, documenter rigoureusement l'activité de réinvestissement, et tenir cet engagement dans la durée. Beaucoup de dirigeants qui rêvent d'apport-cession reculent quand ils mesurent la charge administrative et la rigidité opérationnelle. Mais pour ceux qui veulent réinvestir cinq cent mille ou un million d'euros dans un nouveau projet, le différé d'impôt peut s'avérer un levier déterminant.

L'anticipation est tout

Si vous envisagez une cession dans les cinq prochaines années, voilà ce qu'il faut faire poser le plus tôt possible. Les conditions du dispositif retraite - cinq ans de fonction, vingt-cinq pour cent de détention - se vérifient à la date de la cession, ce qui veut dire qu'il faut commencer à les construire ou les préserver dès maintenant. La création d'une holding pour un éventuel apport-cession doit précéder la cession de plusieurs mois, idéalement un an, pour éviter toute suspicion d'abus de droit. La donation aux enfants - qui peut radicalement réduire l'assiette imposable de la plus-value - fonctionne bien dans une enveloppe de cent mille euros par parent et par enfant, rechargée tous les quinze ans, mais ne se fait pas la veille de la cession sans risque de requalification.

Au pôle Administratif et Financier, c'est précisément ce type de préparation que nous menons : audit fiscal de la structure, projection des scénarios à trois et cinq ans, coordination avec votre avocat fiscaliste et votre expert-comptable pour mettre en œuvre les ajustements nécessaires. Plus c'est anticipé, plus la fenêtre des possibles reste ouverte.

Sur un projet de cession qui se profile, parlons-en. L'écart entre quelqu'un qui se prépare et quelqu'un qui improvise se chiffre en centaines de milliers d'euros, et c'est précisément ce qu'une discussion à temps permet d'éviter.

Votre cas est différent ? Échangeons.

Un article reste général. Pour étudier votre situation précise - vos chiffres, vos contraintes, vos objectifs - un échange direct vaut mieux qu'une lecture.